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Et si l’entrepreneur moderne était un mythe?

Et si l’entrepreneur moderne était un mythe?

L’autre versant de la lune : la connaissez-vous? 

Une maman portée par ses ambitions.

Je suis Nersa, une femme noire et mère de deux garçons, bien résolue à me frayer mon propre chemin dans la vie. Une fois mon diplôme d’informatique en poche, j’ai intégré la vie professionnelle mais au fil du temps une lassitude commençait à me gagner et je me sentais peu épanouie. Certes, j’aime mon métier seulement mes objectifs étaient autres, me résigner à en rester là, c’était si peu pour moi.

De ce fait, je me suis hasardée dans l’aventure du monde entrepreneurial. Aujourd’hui, forte de ma détermination, je suis une entrepreneure et une intrapreneure. Suis-je fière de mon parcours? Oui, mais il faut bien l’avouer, c’était au détriment de ma santé et d’un chemin rempli d’embûches.

Je vais partager avec vous mon expérience et lever le voile sur mon vécu de femme d’affaire et ma vision du monde entrepreneurial.

L’illusion déguise la réalité…

Nous imaginons tous que l’entrepreneur est un être à part, un super héros qui n’est guère tourmenté par le doute et l’appréhension, que pour donner corps à son rêve, il doit toujours et encore doubler d’efforts. On pense que dans le monde entrepreneurial, on doit proscrire l’échec mais ce n’est qu’un simulacre.

Toutes ces croyances écrasent l’entrepreneur, le condamnant ainsi à s’isoler dans sa tour que nous lui avons construite, se refusant l’aide d’autrui, piégé par son égo, il fonce ainsi tout droit dans le mur. Certains médias contribuent à accentuer cette image. Ils déforment la réalité, ils oublient de préciser que le chemin est parsemé de désappointement, en alléguant le manque de volonté et d’acharnement à ceux qui abandonnent. L’aventure entrepreneuriale n’est point une mince affaire, ni une partie de plaisir. Moi ce que j’en dis est que si vous n’avez pas réussi, c’est peut-être parce que vous n’étiez pas encore prêts…Chacun de nous peut atteindre la réussite, il suffit juste de trouver sa bonne formule. NOTRE RÉUSSITE PERSONNELLE pas celle que veut nous imposer la société.

Entre la théorie et la pratique…Il existe une volonté !

Pour une fraction de secondes, essayez maintenant de deviner combien d’énergie doit-on dépenser pour bâtir sa propre entreprise. Je vous laisse imaginer !

A l’âge de 18 ans, j’ai créé ma propre entreprise familiale, j’avais à ma charge des employés, des personnes malades, des repas à planifier, un budget à suivre…Un œil extérieur dira que c’était facile, un œil plus avisé saura que ce fut ardu. C’est comme avancer à tâton sur une corde raide: naviguer entre la vigilance et la fermeté, être à l’écoute, soucieuse des moindres détails et faire face aux problèmes. Du haut de mes 18 ans, j’ai agi avec les moyens du bord. Vous vous demandez si j’ai réussi, je vous répondrais que: Oui! Parce que j’ai appris et 25 ans plus tard, je suis toujours là, bien ancrée dans le monde des affaires.

J’ai vécu cette aventure comme un défi, un rendez-vous avec moi-même.

Un bien-être fruit d’une pression permanente :

Quand j’ai lu cet article dans la presse j’ai eu l’impression de me retrouver dans les mots de la chroniqueuse. La presse

« Des études menées sur la face cachée de l’entrepreneuriat ont démontré l’envers du décor de ce monde, elles ont affiché des chiffres effrayants quant à la détresse psychologique qui touche les entrepreneurs; Parmi ces chiffres présentés en 2018, on peut citer que sur 300 entrepreneurs, 71.5% vivent dans la spirale de cette détresse: La victoire n’est pas sans conséquences.

Au Québec, en 2017, le nombre des PME sur les territoires des sept sociétés de développement commercial (SDC) a augmenté de près d’une centaine de plus par rapport à l’an 2013.

Des PME avec à la tête un dirigeant qui porte sur ses épaules le fardeau de tous ses salariés qui le perçoivent comme leur leader, maniant d’une main ferme leurs intérêts et lui refusant la moindre erreur.

Cette responsabilité n’est pas sans répercussions puisqu’il est obligé de se réveiller à 5 heures du matin et d’assurer ses fonctions au détriment de sa famille et de ses amis, d’une vie sociale et d’une vie personnelle.

Imaginez-vous! Bénéficier de la confiance absolue des salariés que vous allez réussir! Poussant ainsi le dirigeant à aller de l’avant et à se surpasser sans contester! Alors, souvent cela nous précipite dans un abîme sans préavis, une dépression, un isolement, une anxiété perpétuelle et des crises de panique refoulées. Un cercle vicieux sans fin, comme les aiguilles d’une montre défilant dans le temps sans se figer. L’entrepreneur va toujours se remettre en question, se culpabiliser et se refuser le répit.  »

Et si nous naviguons seul (travailleur autonome) dans les eaux du monde complexe de l’entrepreneur, nous avons l’impression de monter l’Everest à chaque nouvelle étape.

Le pire vous savez c’est que 25 ans plus tard, je ne peux pas décrocher! Je suis plus avisée mais aussi tenace pour avancer et réussir. J’aime ce que je fais! Est-ce que j’ai réussi? J’y travaille chaque jour.

Qui est comme moi?